Dans la ligne de son livre Vanité des vanités, Daniel Duigou poursuit ses « méditations au désert », entre lectures bibliques et rencontres humaines, à la lisière du monde, mais au cœur de l’essentiel. À l’heure de la mondialisation et du Printemps arabe, dont la résonance politique et médiatique n’est pas la même à Paris que dans une oasis du Grand Sud marocain, l’auteur renouvelle notre regard sur un récit biblique étrangement moderne, celui de la tour de Babel. Il nous montre comment, aujourd’hui encore, nous vivons à l’ombre de cette tour. Loin d’être le simple mythe de l’origine des langues, ce récit met en lumière l’illusion et l’impasse d’une communication sans dialogue et d’une politique déconnectée de l’histoire : syndrome de notre postmodernité, de notre « civilisation de l’information » où l’instant règne en maître. Mais Daniel Duigou nous fait également entrevoir comment Dieu libère les hommes de leur projet fou et les invite à entrer dans un échange authentique qui consacre l’universel.
Drukpa Kunley est le saint le plus populaire du Tibet. Mais par « saint », il ne faut pas entendre un moine souriant, paisible, confit en dévotion alors qu’il réciterait son chapelet.
Au contraire, c’est un personnage fantasque, voire complètement fou, qui pète au nez des théologiens, qui engrosse des nonnes, qui enseigne des prières paillardes aux filles de la campagne… Mais c’est un fou divin qui, par son attitude, fait voler en éclat non seulement les conventions sociales, mais aussi les conceptions toutes faites que le mental, par habitude, dresse entre nous et la réalité authentique. Telle est la voie du yogi tantrique qui suit la tradition du Mahamudra : il entraîne dans son sillage aussi bien les grands métaphysiciens que les gens les plus simples, parce qu’il les invite à se réconcilier, dans la joie, avec les plaisirs de l’existence – mais sans s’y attacher.
La présente biographie fut composée en 1966 par Geshey Chaphu, moine bhoutanais. Elle n’a rien perdu de sa verdeur…
Poète, mystique et tisserand de métier, né en Inde au XVe siècle, Kabir est l’un des plus célèbres maîtres spirituels de l’histoire universelle. Beaucoup ont cherché à se l’approprier, tant du côté des hindouistes que des sikhs ou des musulmans, mais il ne se réclame d’aucune religion : Kabir n’a pas de guru, il prône le rapport direct à Dieu, sans intermédiaire. Visionnaire de l’invisible et auditeur de l’inaudible, il cultive et chante une spiritualité hors cadre, hors caste, en phase avec les strates les plus profondes de notre être. Maître du paradoxe, il est à la fois proche du ciel et du peuple, au point que sa poésie célébrant l’amour comme une « histoire inénarrable » demeure vivante aujourd’hui dans les chants populaires de l’Inde du Nord. Michel Guay nous dresse ici son portrait spirituel, construit autour de ses poèmes, dont beaucoup se trouvent ainsi traduits pour la première fois en français.
Quelle est la différence entre une croyance et la religion ? Nul n’a vu Dieu : l’homme l’a-t-il inventé ? D’où vient le mot « Dieu » ? Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde ? Dieu est-il lié par ses propres lois ? Jésus a-t-il « fauté » avec une ou des femmes ? Pourquoi le pape se fait-il appeler « Très Saint Père » ? Pourquoi les juifs et les musulmans pratiquent-ils la circoncision ? D’où vient le voile dit « islamique » ?
Depuis de nombreuses années, Odon Vallet répond aux questions des lecteurs du Monde des religions. En réunissant ici leurs questions et ses réponses, il permet à tous de trouver des repères simples au sein du labyrinthe des croyances.
Des siècles de traditions idéologiques ont enfermé l’islam, l’assimilant à la seule soumission à un Dieu dont les hommes ne seraient que les serviteurs – créatures supérieures aux autres, certes, mais dénuées de tout libre arbitre. Et si l’islam était au contraire la chance pour l’humain de naître à sa pleine souveraineté, en tant qu’héritier d’un véritable pouvoir divin ? Si être musulman ne signifiait pas se soumettre éternellement, mais au contraire se conduire en « immortel » et assumer en soi cette part de transcendance ?
Abdennour Bidar tente ici d’édifier avec audace un nouvel existentialisme, non plus athée ni chrétien, mais pleinement musulman, en mettant en évidence la liberté de l’homme et de la femme – une revendication majeure qui s’est révélée lors des différents « printemps arabes ».
Au moment historique où le peuple juif refondait un État indépendant en Terre sainte avait lieu une découverte archéologique – celle des manuscrits de la mer Morte – qui bouleversait nos connaissances sur la société juive à l'époque de Jésus.
Partant de cette concomitance troublante, Salomon Malka s'est interrogé sur la façon dont les penseurs sionistes puis les chercheurs israéliens ont été amenés, au cours du XXe siècle, à réviser fondamentalement le discours juif sur Jésus. Salomon Malka les rencontre un à un, de David Flusser à André Chouraqui.
Ces conversations captivantes nous entraînent aussi, avec le rabbin Adin Steinsaltz, dans les méandres du Talmud et de ses quelques références au Nazaréen, et dans le récit d'un extraordinaire épisode de l'histoire d'Israël, où l'on faillit voir la nouvelle Cour Suprême, en 1948, organiser la révision du procès de Jésus…