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L'Esprit de la peinture

L'Esprit de la peinture

Fabienne Verdier

 
Pour la première fois de son histoire, le Musée Groeninge de Bruges accueille les œuvres d’une artiste contemporaine dans ses murs, en écho à six chefs d’œuvre de Van Eyck, Van der Weyden, Marmion, Memling, Van der Goes… Fabienne Verdier, depuis toujours inspirée par les primitifs flamands (et par la mystique de la même époque), a scruté pendant quatre ans les œuvres de ces maîtres, pour y associer son regard propre : celui-ci se porte parfois sur des détails, parfois sur la structure d’ensemble du tableau, pour décliner en de multiples variations les formes abstraites qu’elle y a décelées. Introduit par un entretien entre Fabienne Verdier et Daniel Abadie, conclu par un essai de Pierre Daix, le livre comporte six séquences : chacun des six tableaux reproduits fait d’abord l’objet de commentaires historiques (avec des détails de l’œuvre) par le Conservateur du Groeninge, d’un commentaire plus artistique d’une personnalité qui fait le lien avec l’œuvre de Fabienne, et de toute une déclinaison de peintures et de dessins, ponctués de pensées de l’artiste et d’extraits de ses carnets.
 

« Avant de peindre, Fabienne Verdier regarde les Maîtres flamands et lit de la philosophie, les Mystiques rhénans et de la poésie. Sa maison est faite de plusieurs ateliers et d’une bibliothèque. Et au centre, tel un poumon, le jardin. Avec, parmi les herbes, un chat indolent, ronronnant sous sa fourrure. Elle lit et annote le matin, consigne, photocopie, dessine, range des images parfois sans raison.
Puis, les assemble, réfléchit longuement au rapport qu’entretiennent les images et les textes. Cela finit par s’unir, par détours successifs. Chaque double page de ses cahiers est une pensée en acte. Une image qui s’écrit. Un tableau à venir. Ce livre raconte l’histoire de ses cahiers, semblables à ceux des peintres lettrés chinois. Nous avons fait le pari de revivre avec le lecteur le chemin spirituel et visuel qui a été celui de Fabienne Verdier, page après page, sans rien anticiper, et de laisser surgir lentement les images extérieures et intérieures qui ont permis à l’artiste d’ajouter une pierre sur le chemin qui l’éloigne de la Chine, et la rapproche d’elle-même. » 

Alexandre Vanautgaerden

 
Il paraît presque impossible d'embrasser du même regard tous les aspects d'une personnalité aussi prodigieusement complexe que celle de Léonard de Vinci (1452-1519). N'a-t-il pas exploré toutes les branches de la science, tous les domaines de l'art ? Et pourtant, on ne connaît véritablement Vinci que si on le saisit, justement, dans l'unité de son génie, unité qui s'exprime sous les formes les plus diverses et à travers les techniques les plus variées. Comme artiste et comme savant, Vinci rassemble tous les éléments d'une connaissance universelledu monde. C'est cet extraordinaire effort de communion avec le cosmos, à la fois par la connaissance scientifique et par l'intuition artistique, que Marcel Brion a mis en lumière dans ce livre. Examinant comme une totalité les différentes manifestations de cette géniale activité, il renouvelle les études vinciennes par des interprétations par lesquelles nous découvrons, dans ces oeuvres que nous supposions familières, des arrière-plans infiniment vastes, qui atteignent les régions secrètes de la vie spirituelle du peintre de La Joconde.
Michel-Ange

Michel-Ange

Marcel Brion

 
« Pareil à l'éclair, je flambe au moindre feu que je rencontre », lit-on dans un sonnet adressé par Michel-Ange (1475-1564) à Tommaso Cavalieri. Ailleurs encore : « La substance de ma vie est ce qui me brûle et me consume, et en moi ce dont je vis est ce dont les autres périssent. » Ce feu intérieur, lorsque Michel-Ange taille la pierre ou peint, habite les corps : feu du dynamisme de l'action, feu de la passion, feu spirituel de la foi chrétienne forgée dans l'ascèse savonarolienne puis éclairée par les doctrines des « illuminés » du cercle des amis de Vittoria Colonna. Comme tous les grands Toscans alternativement ou même simultanément violents et tendres, comme Dante, Michel-Ange contient dans son être le plus secret cette braise du feu sacré qui, des grands sensuels aux grands mystiques, est feu d'amour. Cette figure du génial titan, qu'il a souhaité apparenter à l Empédocle de Hölderlin, Marcel Brion l'a fait revivre dans ce livre passionné et passionnant.