Devenir instituteur, c’était le rêve de nombreux enfants dans la France de l’immédiat après-guerre. Ornella, par exemple, a bataillé dur pour entrer à l’Ecole Normale, mais le succès était au bout de la route et l’a conduite vers son premier poste de maîtresse d’école à Ségalières, un village perdu des hauts-plateaux du Lot, en octobre 1954. Là, elle se heurte à l’hostilité du maire, du curé et des habitants, qui ont besoin de leurs enfants dans les fermes. Un nouveau poste l’attend à Peyrignac, sur le causse, où elle va partager la classe avec Pierre, fils d’un châtelain de Cahors. Entre ces deux enseignants issus de milieux différents mais qui ne vivent que pour leur métier, c’est le coup de foudre que seule assombrira la guerre d’Algérie. Au fil des ans, au gré des réformes scolaires, ils poursuivront leur carrière avec la même passion jusqu’à ce qu’une décision ministérielle les transforme en “professeurs des écoles” en 1989.
L’école d’antan, son odeur de craie et d’encre violette, ses instituteurs héritiers des hussards de la Troisième République, respectés de tous, exemplaires et dévoués, c’est ce que Christian Signol évoque avec beaucoup d’émotion et de vérité dans ce beau roman qui relate également un demi-siècle de l’histoire d’une société française, dont l’école symbolisait la réussite et l’espoir en l’avenir.
Un jour, lors d’une exposition de masques, Beethoven revient dans la vie d’Eric-Emmanuel Schmitt : l’écrivain se rappelle l’avoir aimé passionnément autrefois, pendant son adolescence.
Pourquoi Beethoven s’est-il éloigné ? Pourquoi l’homme d’aujourd’hui n’éprouve-t-il plus ces émotions, ce romantisme, ces orages intérieurs et cette joie ? Qui a disparu ? Beethoven ou nous ? Et qui est l’assassin ?
Ce texte est suivi de Kiki van Beethoven, l’aventure d’une femme, la soixantaine rayonnante, laquelle va, grâce à la musique, changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies. Une fable sur la jeunesse perdue et les secrets ensevelis.
"Je sais ce qui est arrivé à Nathan.
Voulez-vous jouer avec moi ? Signé : Le Troyen."
Un message mystérieux sur Facebook et le passé de Marion resurgit.
Meurtres, coups de théâtre, faux-semblants et, au bout d’un jeu de piste infernal, la plus incroyable des révélations : le secret de Nathan Chess, l’homme que Marion n’a jamais pu oublier…
Recherches médicales de pointe, argent sale, nouvelles technologies : une intrigue à couper le souffle où s’entrelacent amour et suspense, signé Patrick Bauwen, l’auteur de L’Œil de Caine et Monster.
“Ce livre, quelques-uns des entretiens que j’ai eus avec divers interlocuteurs en ces vingt dernières années. D’une part ceux qui portèrent sur la création artistique - architecture ou peinture - ou des peintres et des poètes ; et d’autre part ceux où j’ai eu à parler de mon propre travail ou de ma vie. Viendront plus tard des réflexions de nature plus générale bien que constamment sur la poésie. Pourquoi ce rassemblement ? Parce que l’imprévu des questions avive et même sert le désir de comprendre de celui qui cherche à répondre, en un « écrit parlé » qu’il veut aussi précis que possible. Et parce que ce désir va peut-être trouver dans les hypothèses et digressions alors permises des voies qui en valent d’autres vers la sorte de vérité dont cet auteur est capable. Se répétant, se contredisant, mais de ce fait même prenant conscience de soi, dans un champ où c’est le cheminement qui peut être jugé aussi véridique que les positions rejointes.”
Yves Bonnefoy
"Pour bien faire les choses, il faudrait commencer par divorcer."
"Faire d’un père l’objet d’une fiction n’est pas un sacrilège, surtout si l’on considère qu’il fut un être d’illusion, entièrement façonné par l’utopie."
Février 1939. Franco a gagné. Les armées républicaines se replient sur la frontière française. A. fuit avec ses troupes villes et villages dévastés. Il laisse derrière lui son passé et ses faits d’armes : femme et enfant, la bataille de Teruel et la traversée de l’Ebre.
Mêlant l’histoire trouble de la guerre civile espagnole, visions hallucinées du siècle et souvenirs d’enfance interdits et imaginaires, son fils tente, des années plus tard, de reconstituer la trajectoire de cet homme dont il ignore presque tout.
Entre fiction et autobiographie, exploration des secrets de famille et enjeux de la création littéraire, Des gifles au vinaigre est le grand roman du père, de l’identité et de la transmission.
"Ce matin-là, je reçus une lettre d’un genre nouveau."
"Toute ma vie, il y a eu un décalage horaire entre papa et nous. Mon père était "primeurs"."
Entre dérision et nostalgie, cette chronique sociale et familiale est avant tout la radiographie d’une époque. Celle des années 70, période d’insouciance qu’Anthony Palou évoque à travers l’essor et le déclin d’une "dynastie fruitière", qui a fui l’Espagne franquiste pour faire fortune en France avec sa soupe catalane.
Sur un ton à la fois drôle et lucide, l’auteur de Camille, prix Décembre, exprime avec tendresse la pudeur des déclassés, la fin des illusions et l’apprentissage de la mélancolie.
"J’ai prié pour que vous n’ayez aucune histoire à me confier. Je ne suis plus apte à entretenir une conversation, encore moins à écouter des confidences. Je déborde."
Une nuit, un train se retrouve bloqué en rase campagne. Un passager lie connaissance avec sa voisine. Il lui parle d’enfance, de solitude, de son existence ténébreuse à laquelle il n’oppose plus aucune révolte. Pendant cette interminable attente, un lien se tisse entre eux. Jusqu’à ce que le train reparte...
Un texte exigeant, d’une simplicité épurée, où le romancier et dramaturge Éric Pessan interroge de son écriture fluide notre rapport au monde et à l’altérité.
"Ceux qui ont entendu des anges ou vu des vierges ont dû éprouver cette impression bizarre d’avoir été choisis comme cible d’un discours céleste."
Place de la Contrescarpe, à Paris, un enfant borgne récite d’étranges prophéties que les passants écoutent troublés comme si elles répondaient à leurs pensées secrètes. Parmi eux, une ancienne journaliste de guerre, victime d’un attentat. Elle doit réapprendre à vivre, à accepter un monde fait de violence et d’injustice mais de confiance aussi. Chercher à percer le mystère qui auréole l’enfant-prophète en est sans doute une des voies.
Des Matriochkas à Dans la tête de Shéhérazade, Stéphanie Janicot décline de roman en roman l’incessante complexité des relations familiales, s’attachant au quotidien des personnages, à ce dur travail d’apprentissage qui, au-delà des drames, leur permet de s’accomplir.
"Nous sommes tous dominés par notre sexe. Pourtant, nous autres médecins, devrions être indemnes de cette gourmandise insatiable que nous constatons si bien chez les autres, mais point ! Ce qui s’impose alors est si violent que l’esprit en est tout submergé."
Formidable catalogue des mœurs, croyances et turpitudes du monde rural, Les trois saisons de la rage, qui se situe dans la Normandie de Maupassant, est autant le roman d’un médecin de campagne du XIXe siècle que l’évocation universelle de ce qui est à la source des conduites humaines. Tissant une foisonnante intrigue de destins, de situations et de révélations où la naïveté, le cynisme, la brutalité, l’égoïsme, l’avidité et le désir mènent la ronde, il confirme le talent de Victor Cohen Hadria, auteur des Chroniques des quatre horizons, à peindre une vision du monde impitoyable mais aussi lucide et pleine d’humanité.
"Ma mère était partie. Volatilisée. Je l’imaginais portant son vison jour et nuit, accrochant la lumière des phares sur sa fourrure sombre, jambes nues déjà."
La mère a disparu comme une image de ce temps-là, début des années 70, quand l’idéal de vie et de réussite était la maison individuelle, la Ford Taunus et le vison.
C’est ce vide que découvre sa fille adolescente, enfermée dans son désarroi, le blanc de la vie adulte devant elle en énigme.
Style minimaliste, rythme sourd, Virginie Mouzat explore ce ballet d’ombres, ce passage du négatif à la couleur quand on sort de l’enfance par l’épreuve de l’absence et du silence. Virginie Mouzat a publié un premier roman très remarqué, Une femme sans qualités, en 2009.