Interview : Thibault Bérard, l'auteur de Léo et les orphelins de Paris !
Plongez dans les coulisses du Paris de 1870 !

Comment est venue l'idée de cette série historique ?
Pour rendre à César ce qui lui appartient, cette série est née d’une envie de l’éditrice, Karine Van Wormhoudt, qui m’a contacté parce qu’elle aimait mes livres et voulait me proposer de tenter l’aventure dans cette collection. Elle avait en tête l’histoire d’une petite fugueuse, peut-être d’une orpheline… Le projet en était là, et Léo est née de cette envie.
Pourquoi avez-vous choisi cette période historique pour situer l'intrigue ?
D’abord parce que le motif de la petite orpheline m’a aussitôt entraîné vers un faisceau de références liées au grand siècle, de Dickens à Hugo, qui mettent en scène des enfants des rues, parfois vagabonds, parfois organisés en clans, qui combattent la misère en s’unissant et en trouvant éventuellement le chemin de la révolte, dont ils sont un symbole vivant.
Comment décririez-vous Léo, l'héroïne de la série ?
En trois mots : fantasque, courageuse, généreuse.
Quelles sont les qualités principales de Léo et quels sont ses défauts ?
Léo, sous ses airs de rêveuse, est dotée d’une détermination de fer. Si un combat juste l’anime, elle ne reculera devant rien. Par ailleurs, les valeurs d’humanité et de solidarité transmises par ses parents l’amèneront toujours à défendre les faibles, les opprimé·es, les victimes.
Ses défauts ? Peut-être se laisse-t-elle parfois trop vite ensevelir sous le flot des émotions qui la traversent, au risque de prendre des décisions un peu hâtives. Et peut-être a-t-elle trop peur de froisser les gens qu’elle aime, ce qui l’amène parfois, justement, à les blesser malgré elle : comme elle l’a fait avec ses amis les maraudeurs dans le deuxième volet de la série (mais heureusement, tout s’est vite arrangé).
Comment vous êtes-vous documenté sur la période de la Commune de Paris ?
J’ai beaucoup fureté sur Internet, où j’ai notamment trouvé de nombreux articles universitaires. Il faut savoir que cette période fait l’objet d’un bon nombre de controverses, par exemple pour ce qu’en a retenu l’Histoire, qui d’une certaine manière, a été réécrite par les vainqueurs… Le cas de Jules Ferry, connu pour avoir créé l’école obligatoire alors que, selon beaucoup d’historien·nes, c’est aux communard·es que l’on doit cette initiative en premier lieu, est assez typique des débats qui existent autour de la réception de cette période. J’ai sans doute été très influencé dans ma lecture des événements de la Commune par une bande dessinée (adaptée en film d’animation documentaire) de Raphaël Messan, Les Damnés de la Commune, véritable somme d’informations concentrée en trois lourds volumes ; on ne peut pas refermer ces livres sans avoir la rage au cœur et le désir de rétablir une certaine justice pour les communard·es tel·les que Louise Michel, qui, non seulement ont été massacré·es, mais en plus ont vu leur combat oublié, voire sali par la postérité.
Qu'avez-vous envie de transmettre aux lecteurs et lectrices dans Léo et les orphelins de Paris ?
Trois choses : le goût de l’aventure, la chaleur de l’amitié et le sens de la révolte.
Quel est votre personnage préféré de la série et lequel avez-vous préféré écrire ?
Ah, j’ai un petit attachement pour Jacek qui, derrière ses yeux verts, cache des secrets que je n’ai pas encore révélés. Et puis, j’adore animer dans l’espace cet acrobate d’une agilité extraordinaire, et lui faire exécuter des pirouettes absolument éblouissantes ! Par ailleurs, il a une personnalité assez complexe, car il peine à exprimer ses émotions, et cela me touche.
Quel est votre moment préféré dans le tome 6 de la série ?
Sans aucun doute, la rencontre de Léo avec son nouveau compagnon, Châtaigne, un petit écureuil qui vient spontanément se lier d’amitié avec elle, au jardin d’Acclimatation. J’ai été saisi, ému par cette rencontre que je n’avais pas prévu de raconter ainsi, mais qui s’est imposée à moi, comme peut-être cette relation s’est imposée à chacun des protagonistes qu’elle relie. Un instant de grâce !
Si vous deviez résumer Léo et les orphelins de Paris en deux phrases, que diriez-vous ?
Si Oliver Twist rencontrait Princesse Sarah… L’aventure, dans le Paris de 1870, d’une jeune fille née dans la bourgeoisie qui se retrouve du jour au lendemain à la rue et sera recueillie par un groupe d’orphelins aussi courageux que solidaires, les maraudeurs ; à leurs côtés, elle vivra mille péripéties et apprendra le sens de la révolte !


