"Le Chat du Jardinier" - Le nouveau roman poétique de Thomas Schlesser !
Après le roman culte "Les Yeux de Mona" ✨
Après le triomphe de son roman d’initiation à l’art, Les Yeux de Mona – traduit en trente-sept langues, vendu dans plus de soixante pays, dont les États-Unis et la Chine –, Thomas Schlesser poursuit sa quête de beauté et de sagesse avec Le Chat du jardinier. Située dans une Provence dévastée par une terrible tempête, cette fresque flamboyante célèbre la puissance réparatrice de la poésie, capable de réenchanter le monde. Un roman ouvert à tous, qui réconcilie avec la poésie et en révèle la simplicité vibrante, loin de toute érudition intimidante.
Historien de l’art, directeur de la Fondation Hartung-Bergman et professeur à l’École polytechnique, Thomas Schlesser s’impose comme une voix singulière du paysage littéraire contemporain. Après Les Yeux de Mona, qui rendait hommage aux chefs-d’œuvre de la peinture, Le Chat du jardinier célèbre avec humilité la puissance de la poésie, son souffle créateur qui fait surgir la lumière du cœur des ténèbres. L’originalité de Schlesser tient à sa capacité rare à concilier érudition et émotion, à faire dialoguer l’art et la vie.
Dans Les Yeux de Mona, il faisait converser cinquante-deux chefs-d’œuvre – de Botticelli à Soulages – avec l’histoire d’un grand-père et de sa petite-fille. Avec Le Chat du jardinier, il déplace cette démarche dans le champ de la poésie : il ne la théorise pas, il la met en scène. La poésie devient expérience, respiration, manière d’être au monde — et l’on devine que cette expérience est aussi celle de l’auteur. Rien de didactique chez lui : chaque poème convoqué répond à une expérience humaine, un fragment d’existence. Thomas Schlesser montre comment la poésie peut contaminer le réel : lue à voix haute, apprise par cœur, elle agit au plus profond de soi, relie les êtres, renforce la nature, circule comme une énergie. C’est dans ce souffle que s’inscrit son nouveau roman.
Le roman d’une renaissance
Le livre s’ouvre sur une scène d’orage d’une intensité presque biblique : le vent, la foudre, les arbres arrachés, la terre retournée – tout semble promis à la destruction. Dans ce décor bouleversé, Louis, la trentaine, jardinier taiseux, solitaire et hypersensible, voit son monde s’effondrer. Non seulement la tempête a tout ravagé, mais il apprend que son chaton est condamné par une tumeur. Ce double désastre, naturel et intime, fait vaciller son existence.
Dans ce contexte apocalyptique, il rencontre Thalie, sa nouvelle voisine, ancienne professeure de lettres, fantasque et solaire, installée dans une ancienne magnanerie avec son compagnon, un architecte slave octogénaire, trop idéaliste pour avoir jamais rien bâti. Thalie perçoit en Louis une blessure, une parole étouffée. Entre eux se noue un pacte faustien : il redonnera vie à son jardin, elle lui rendra sa voix. Sous ce motif d’apparence modeste, l’auteur tisse une fable sur la réinvention de soi. La nature, comme un miroir tendu, reflète les états d’âme du héros : à mesure que la végétation renaît, Louis recouvre la parole et la capacité d’habiter le monde. La prose de Schlesser, attentive à la lumière, au vent, aux vols d’hirondelles comme aux oscillations du feuillage, accompagne avec une infinie délicatesse cette métamorphose.
Le pacte de la parole dans le roman de Thomas Schlesser
Thalie, en pédagogue éclairée et généreuse, initie Louis à la poésie. Au fil des jours, elle récite, commente, transmet. Pour l’aider à sortir de sa souffrance muette, elle éveille sa curiosité en lui lisant des vers sibyllins, lui fait découvrir – et bientôt déclamer aux arbres, aux ciels, aux animaux – les poèmes des plus grands : Sappho, Rimbaud, Neruda, Rilke, Brontë, Senghor… Les poèmes — plus de soixante-dix sont convoqués — imprègnent le récit comme un souffle. Chacun éclaire une émotion, un doute, un ressenti, en résonance avec la vie du jardinier.
Incidemment, Thalie lui raconte aussi les chemins de vie des poètes, lui enseigne – sans didactisme – les figures de style et les grands courants poétiques. Peu à peu, Louis s’ouvre à ce langage nouveau : la poésie entre en lui comme une lumière, nourrit son regard, apaise sa peur de sombrer dans la folie. La langue agit : elle soigne, elle libère. Ce dialogue entre la parole et la terre, entre la poésie et la matière, forme le cœur du roman.
L’écriture charnelle de Thomas Schlesser, enracinée dans le paysage provençal, traduit ce lien organique entre l’homme et la nature. Les essences des bois, les fusées du mistral, les gestes immuables du jardinier ou les outils qu’il façonne : tout respire, tout parle. La nature devient le théâtre vivant des émotions, non un refuge, mais un aiguillon qui intensifie la vie.
Habiter le monde en poète : la vision du roman
Le Chat du jardinier est le récit d’une genèse. Louis apprend à lire à voix haute les mots comme il lit les saisons, à vivre la poésie comme il travaille la terre. Il découvre que la vraie folie n’est pas de trop sentir, mais de ne plus rien éprouver. À travers lui, Thomas Schlesser explore ce qu’il nomme « l’art de la présence ». À mesure qu’il apprivoise ses peurs, ses doutes, sa « folie », Louis se révèle. Son hypersensibilité, longtemps vécue comme une souffrance, devient une force, et la poésie, un instrument de connaissance. Au terme d’une plongée abyssale en lui, et alors qu’au-dehors la nature essuie les pires fléaux – une mystérieuse invasion de crapauds, un incendie dantesque qui pousse les animaux des environs à se réfugier dans le domaine de Thalie telle une arche de Noé –, Louis se prépare à renaître à lui-même et au monde.
Autour de lui gravitent plusieurs figures contrastées : Thalie, passeuse bienveillante ; son compagnon, l’architecte mélancolique ; Julia, la jeune vétérinaire sensible ; le voisin Baron, malfrat rongé par sa phobie des oiseaux. Chacun incarne une manière d’exister, un rapport singulier à la beauté, à l’amour ou à la destruction.
Les scènes s’enchaînent comme des tableaux où la frontière entre rêve et réalité s’efface : la tempête inaugurale, la déclaration d’amour fraternel de Thalie au sommet du mont Mulo, le chat survivant réapparaissant dans la brume aux côtés d’un splendide et flegmatique épagneul, Baron crucifié sur l’épouvantail en feu au milieu du champ de chanvre… Le récit tire sa force symbolique de cette tension entre ombre et lumière, destruction et renaissance.
Thomas Schlesser, écrivain humaniste
À travers Louis, le jardinier-poète, Thomas Schlesser interroge le pouvoir des mots et leur transmission. Le héros, transformé, éprouve à son tour le besoin de partager la poésie avec les enfants des environs – désert culturel – comme une promesse de réenchantement. Nul doute, la poésie, selon Thomas Schlesser, est une expérience à la fois intime et collective : elle transforme celui qui la lit et, par lui, le monde autour.
L’auteur tisse ainsi des ponts entre les arts et les hommes. Son écriture, claire et dense, traduit un rapport sensuel à la nature, une attention au vivant, au passage des saisons comme aux tréfonds de l’âme. Le Chat du jardinier prolonge la quête d’un écrivain et d’un enseignant : transmettre la beauté, non en la commentant, mais en la faisant vivre.
Ce roman n’est pas un livre sur la poésie, mais un livre en poésie, où la langue devient matière, respiration, souffle. On le referme avec le sentiment d’avoir partagé une expérience. Nous voilà contaminés à notre tour : plus attentifs à la « clarté obscure », aux sonorités, aux présences subtiles, invisibles. Plus confiants aussi dans notre capacité d’« être au monde ». Fidèle à sa conviction que « la fréquentation d’une œuvre, c’est une manière d’habiter autrement le monde », Thomas Schlesser livre ici un texte d’une grande humanité. Par la grâce des mots, il réconcilie pensée et émotion, savoir et existence, et rappelle que la beauté, loin d’être un luxe, demeure une manière d’enchanter la vie.
