Interview : Annie Jay, l'autrice d'Elisabeth, princesse à Versailles
Annie Jay vous dévoile les coulisses de sa série de romans historiques emblématique !
Comment vous est venue l'idée de cette série historique ?
Albin Michel m’a proposé d’écrire une série sur la vie d’une princesse française. Comme je connais surtout le xviie et xviiie siècle, j’ai immédiatement pensé à Élisabeth, la sœur du roi Louis XVI, qui était dans ses jeunes années extrêmement rebelle et indisciplinée, au point de refuser toute éducation, et qui changea du tout au tout grâce aux soins de sa sous-gouvernante, Mme de Mackau. De plus, Élisabeth vécut une très belle amitié avec la fille de cette dernière, Angélique.
Pourquoi avez-vous choisi cette période historique, et plus précisément la cour de Versailles ?
Parce que j’adore le xviiie siècle ! De plus, j’ai la chance de plutôt bien connaître la vie quotidienne à Versailles à cette époque-là, ce qui me permet de la faire découvrir à mes jeunes lectrices et lecteurs.
Comment décririez-vous Élisabeth, l'héroïne de la série ?
Comme une jeune fille sensible, mais également déterminée et intelligente, détestant les injustices, et qui a eu la malchance de naître princesse.
Quelles sont les qualités principales d'Élisabeth ? Quels sont ses défauts ?
Comme Élisabeth préférait vivre à l’écart des intrigues de la Cour, les historiens des xixe et xxe siècles ont longtemps considéré, à tort, qu’elle était une princesse fade, sans relief, dont le seul trait de caractère notable était la piété. On sait aujourd’hui qu’elle était remarquablement intelligente et instruite, au point de devenir une des meilleures mathématiciennes de France. Elle était également sensible, fidèle en amitié, et faisait énormément de bien autour d’elle, dans la plus grande discrétion.
Pour ce qui est des défauts, on peut dire qu’elle était obstinée, avec un petit grain de folie. C’est donc un personnage contrasté qui ne manque pas d’intérêt…
Savez-vous qu’elle signait certaines de ses lettres à Angélique par la formule : « Élisabeth, dite la Folle, ton amie pour la vie » ?
Comment vous êtes-vous renseignée sur la vie de la princesse Élisabeth ?
Principalement au travers de mes lectures : biographies, correspondances, mémoires et témoignages de ses amis proches. Et puis, je l’ai souvent imaginée au château de Versailles, courant dans les jardins, lisant au coin de la cheminée, brodant ou faisant de la musique avec Angélique, chevauchant à perdre haleine… car c’était aussi une cavalière intrépide.
Qu’avez-vous envie de transmettre aux jeunes lecteurs et lectrices dans Élisabeth, princesse à Versailles ?
La vie d’une petite fille qui sait dès son plus jeune âge qu’elle n’est qu’un pion sur l’échiquier de la politique. Elle était appelée à épouser un prince étranger. En vue de ce mariage, on lui donnait une éducation rigoureuse. Cependant, lorsqu’on lit différentes biographies, on note tout un tas d’anecdotes montrant Élisabeth apportant son aide à des personnes dans le besoin, ou bravant l’autorité pour profiter de quelques miettes de liberté. C’était cette Élisabeth-là que j’avais envie de montrer.
Quel est votre personnage préféré de la série et lequel avez-vous préféré écrire ?
Indéniablement, l’énergique et la fougueuse Élisabeth ! Angélique, calme et toujours soucieuse de bien faire, vient en contrepoint. Et j’ai ajouté deux pages : Théo de Villebois, un personnage fictif, et Guillaume de Formigier, qui a réellement existé. Les deux garçons, courageux et dégourdis, agissent toujours en son nom et la soutiennent en tous points. Bien sûr, il ne faut pas oublier Colin, le valet, espiègle et un brin naïf. Et, pour les adultes, Madame de Mackau, qui avait un incroyable sens de la pédagogie, et Mme de Marsan et Mme de Guémené qui, elles, n’en avaient pas beaucoup. J’ai eu aussi beaucoup de plaisir à évoquer Louis XVI et Marie-Antoinette. Et pour finir, il y a Biscuit, le chien !
Quel est votre moment préféré dans ce tome 34 de la série ?
Peut-être le moment où Élisabeth danse au bal alors que la rigoureuse étiquette le lui interdit formellement…
Si vous deviez résumer la série Élisabeth en deux phrases, que diriez-vous ?
En une : Élisabeth, les aventures d’une princesse pas de conte de fées du tout !
J’aurais beaucoup aimé la connaître…


